ILGA-Europe a publié son rapport annuel 2026 (Annual Review), qui analyse l’évolution des droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (LGBT+) en Europe et en Asie centrale au cours de l’année 2025. Ce rapport de référence repose sur le travail de centaines d’organisations et d’expert·es et constitue un outil essentiel pour mesurer les avancées, les reculs et les zones de stagnation en matière de droits humains.
Pour l’APGL, ce rapport est particulièrement important, car il permet de situer la France dans un contexte européen plus large et d’évaluer les progrès — ou l’absence de progrès — concernant les familles LGBT+.
Un contexte européen toujours fragile
Le rapport 2026 confirme une tendance déjà observée les années précédentes : les droits des personnes LGBT+ restent fragiles et inégalement protégés selon les pays. Si certaines avancées sont à noter, de nombreux États connaissent des reculs préoccupants, notamment en matière de liberté d’expression, de liberté d’association et de protection contre les discriminations.
ILGA-Europe souligne également la multiplication de discours politiques hostiles aux personnes LGBT+, souvent justifiés au nom de la « protection des enfants » ou des « valeurs traditionnelles ». Ces discours ont un impact direct sur la vie des familles, en renforçant les stéréotypes et en légitimant des pratiques discriminatoires.
La France : un score qui stagne
Dans le classement établi par ILGA-Europe, la France se situe à nouveau dans le milieu du tableau européen. Le rapport confirme une stagnation de son score global, sans avancée significative enregistrée en 2025 sur plusieurs critères clés.
Ce classement, fondé sur de nombreux indicateurs (égalité et non-discrimination, reconnaissance des familles, protection contre les discours de haine, droits civiques), montre que si la France dispose d’un cadre juridique relativement protecteur, l’absence de réformes nouvelles pèse sur son positionnement.
Pour les familles LGBT+, cette stagnation est loin d’être anodine. Elle traduit le fait que plusieurs revendications portées de longue date restent sans réponse.
Des avancées insuffisantes pour les familles LGBT+
Sur les questions familiales, le rapport ILGA-Europe souligne l’absence d’évolution majeure en France au cours de l’année écoulée. Les cadres juridiques concernant la parentalité LGBT+ — qu’il s’agisse de la filiation, des parcours de PMA ou de la situation des familles ayant recours à la GPA à l’étranger — n’ont pas connu de progrès notables.
Cette situation contribue à maintenir de nombreuses familles dans une forme d’insécurité juridique ou administrative, notamment lorsqu’elles se déplacent ou s’installent dans un autre pays européen. Les disparités entre États restent fortes, rendant les parcours familiaux complexes et parfois incohérents au regard de l’intérêt de l’enfant.
Ce que ce rapport signifie pour l’APGL
Pour l’APGL, le rapport annuel 2026 d’ILGA-Europe constitue un rappel clair : les droits des familles LGBT+ ne sont jamais définitivement acquis. La stagnation observée en France montre que l’égalité formelle ne suffit pas si elle n’est pas accompagnée de politiques publiques ambitieuses et de pratiques administratives réellement inclusives.
Ce rapport renforce la nécessité de poursuivre :
- le travail de plaidoyer auprès des pouvoirs publics,
- l’accompagnement des familles confrontées à des discriminations,
- la sensibilisation des professionnel·les et des institutions,
- et la coopération avec les partenaires européens.
Une vigilance collective indispensable
Dans un contexte européen marqué par des reculs dans plusieurs pays, la mobilisation reste essentielle. La reconnaissance et la protection des familles LGBT+ doivent continuer à être portées au cœur des débats publics, en France comme au niveau européen.
L’APGL continuera à s’appuyer sur ce type de rapport pour nourrir ses actions, faire entendre la voix des familles qu’elle représente et rappeler que l’égalité des droits est une condition indispensable au bien-être des enfants et de leurs parents.
